Xavier JUGELE

Victime d'une attaque terroriste sur les Champs Elysées

Jeudi 20 avril 2017

L'attentat du 20 avril 2017 sur l'avenue des Champs-Élysées est une attaque terroriste perpétrée sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris, dans la soirée.
Un homme armé d'une kalachnikov tire sur un fourgon de police, tuant le conducteur, Xavier Jugelé, et blessant deux autres policiers avant d'être abattu.
Une passante est également touchée.

Moins de deux heures après, l'organisation terroriste État islamique (dite « Daech ») revendique l'attentat. Cette revendication, qui indique que l'auteur de l'attentat serait un dénommé Abou Youssouf al Belgiki, suscite des interrogations sur l'implication réelle de l'EI.

20 avril 2017: mort en service de Xavier JUGELE.

L'attaque

À 20 h 47, un individu à bord d'une Audi 80 grise se gare à l'angle de la rue de Berri et de l'avenue des Champs-Élysées.
Au bout de quelques minutes, il redémarre et, au niveau du 102, avenue des Champs-Élysées, gare son véhicule à hauteur d'un fourgon de policiers de la 32e compagnie d’intervention de la DOPC de la préfecture de police de Paris en mission de protection, à cette adresse, du service de la culture et de l'information de l'ambassade de Turquie car un rassemblement de Kurdes y avait été annoncé par radio.

Armé d'un fusil d'assaut de type kalachnikov, l'homme descend de son véhicule, le contourne par l'avant et fait feu à travers la vitre avant sur le policier assis au volant du fourgon de service.
Le conducteur, Xavier Jugelé, gardien de la paix de 37 ans qui faisait une pause repas, est tué de deux balles dans la tête.
Puis, l'assaillant contourne le car de police, tire sur les policiers en faction devant l'office de tourisme turc, blessant gravement un sous-brigadier de 35 ans au fessier d’une balle qui est remontée vers la cage thoracique, et plus légèrement un autre policier (la balle ayant ricoché sur son gilet pare-balles).
L'assaillant est abattu par les tirs de riposte de policiers.
Une passante allemande est touchée par un éclat au talon lors des échanges de tir qui durent une vingtaine de secondes.
27 cartouches sont tirées en riposte dont 13 atteignent l'assaillant.

La fusillade provoque un mouvement de panique sur l'avenue.
Un tweet de l'agence Reuters évoque la possibilité d'un braquage qui aurait mal tourné, les Champs-Élysées étant en effet en bordure du Triangle d'or, mais les premiers témoignages suggèrent rapidement qu'il s'agit d'un acte terroriste.
Rapidement, la partie haute des Champs-Élysées est sécurisée : les stations de métro proches fermées et un périmètre interdit à la circulation s'étend de la place Charles-de-Gaulle jusqu'au rond-point des Champs-Élysées-Marcel-Dassault.
Un hélicoptère de la Préfecture de police surveille la zone pendant deux heures.
La BRI quadrille le secteur pour trouver d'éventuels complices qui auraient pris la fuite.

Hommage à Xavier JUGELE

Le gardien de la paix Xavier Jugelé, 37 ans, était membre de la 32e compagnie de la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris.
Gardien de la paix depuis six ans, après avoir passé cinq ans comme gendarme adjoint volontaire, il avait participé à la sécurisation des environs du Bataclan lors des attentats de novembre 2015.
Il était présent au concert de Sting lors de la réouverture de cette salle le 12 novembre 2016.
Il était parti deux fois en Grèce pour sécuriser l'afflux de migrants venus des zones de conflit au Moyen-Orient au plus fort de la crise migratoire de 2015 et 2016.
Il devait être muté dans quelques semaines au Service de coopération technique internationale de police (SCOPOL) au sein de la police judiciaire.
Né le 4 mai 1979 à Bourges, sans enfant, était pacsé avec Étienne C., diplomate au Quai d’Orsay.
Il était adhérent d'une association de lutte contre les discriminations envers les personnes LGBT dans les forces de l'ordre.
Il faisait régulièrement partie des agents en uniforme sécurisant les manifestations et il était aussi passionné de cinéma et de musique.

Le lendemain de l'attaque, le président de la République François Hollande, le premier ministre Bernard Cazeneuve et le ministre de l'Intérieur Matthias Fekl se rendent au chevet du policier grièvement blessé à l'Hôpital européen Georges-Pompidou.

Le 21 avril au soir, des rassemblements de policiers ont lieu à Paris, mais aussi dans d'autres villes comme à Toulouse, pour rendre hommage au policier tué.
Les policiers de Bordeaux avaient observé une minute de silence vendredi à midi.
Un hommage national lui a été rendu le mardi 25 avril avant qu'il ne soit inhumé à Romorantin (Loir-et-Cher), où il avait passé une partie de sa jeunesse.
Son père militaire Michel Jugelé était affecté à la base aérienne de Pruniers-en-Sologne où il a terminé sa carrière en tant qu'adjudant-chef, avant d'être promu major.

Le 25 avril, François Hollande préside une cérémonie d'hommage national à la préfecture de police de Paris.
Xavier Jugelé y est élevé, à titre posthume, au grade de capitaine et fait chevalier de la Légion d’honneur, et sa mémoire est saluée ainsi par son compagnon : «
Je t’aime. Restons tous dignes et veillons à la paix et gardons la paix ».
Se référant au journaliste Antoine Leiris connu pour sa réaction « Vous n'aurez pas ma haine » à la mort de son épouse tuée lors des attentats du 13 novembre 2015 au Bataclan, il déclare : «
Cette douleur m’a donné le sentiment d’être plus proche que jamais de tes camarades qui souffrent, comme toi silencieusement, comme moi silencieusement. Pour ce qui me concerne, je souffre sans haine (...) Cette haine, Xavier, je ne l’ai pas parce qu’elle ne te ressemble pas, parce qu’elle ne correspond en rien à ce qui faisait battre ton cœur, ni ce qui avait fait de toi un gendarme puis un gardien de la paix ».
Le 30 mai, Étienne C. épouse à titre posthume à la mairie du 14e arrondissement son compagnon Xavier Jugelé en présence d'Anne Hidalgo et de François Hollande, alors ancien président de la République.

Les deux gardiens de la paix blessés lors de l’attaque sont nommés chevaliers de l’ordre national du Mérite.
La cérémonie a lieu en présence de plusieurs personnalités comme l’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy, les anciens premiers ministres Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls et Jean-Pierre Raffarin, le procureur de Paris, François Molins, et les présidents des assemblées parlementaires Claude Bartolone et Gérard Larcher, ainsi que les deux candidats du second tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, à qui il « demande d’accorder les ressources budgétaires nécessaires pour recruter les personnels indispensables à la protection de nos concitoyens et fournir les moyens qui leur permettront d’agir encore plus efficacement. »
Le président de la République rappelle aussi le dévouement des policiers Clarissa Jean-Philippe, Franck Brinsolaro et Ahmed Merabet morts en janvier 2015 « morts pour que nous puissions vivre libres. »

Après la cérémonie du ravivage de la flamme devant tombe du Soldat inconnu le jour de sa prise de fonctions, le Président de la République Emmanuel Macron fait halte devant le lieu de l'assassinat de Xavier Jugelé.