JANVIER 2015

NOVEMBRE 2015


LA FRANCE ATTAQUEE

Attaques terroristes de Janvier 2015

Durant 3 jours, la France a vécu sous le coups d'attaques terroristes d'envergures.
Le 7 janvier, deux policiers ont été abattus lors de l’attaque du journal Charlie hebdo, Franck BRINSOLARO et Ahmed MERABET.
Le 8 janvier, Clarissa JEAN-PHILIPPE, policière de la Police Municipale de Montrouge, est abattue alors qu'elle intervenait sur un accident de la circulation.

7 janvier 2015: L'attaque de Charlie hebdo

Il est 11 heures 33 minutes et 47 secondes ce mercredi 7 janvier 2015, quand le premier tir de kalachnikov retentit dans les locaux de Charlie Hebdo, pourtant bien cachés, au 10 rue Nicolas-Appert, dans le 11e arrondissement de Paris.
Deux frères, cagoulés de noir, équipés de leurs fusils d’assaut et de gilets pare-balles crient "Allah Akbar" et disent qu’ils viennent venger leur prophète, Mahomet, caricaturé neuf ans plus tôt dans les pages de Charlie Hebdo.


Les terroristes ont pourtant failli ne pas entrer dans le journal, dont ils ne connaissent pas l’adresse précise.
Quelques mois plus tôt, des repérages semblent bien avoir été faits par des individus non identifiés qui avaient prévenu qu’ils reviendraient.

Mais ce matin du 7 janvier 2015, ils s’engouffrent d’abord dans l’immeuble qui porte le numéro 6 de l’allée Verte.
Chérif Kouachi est le cadet, le plus grand et le plus baraqué des deux frères. C’est lui qui fait claquer le premier coup de feu pour montrer sa détermination. Puis il s’aperçoit qu’il n’est pas au bon endroit, tourne les talons, et pénètre dans le hall du 6-10 rue Nicolas-Appert.


Dans la loge du numéro 10, les deux frères Kouachi commencent leur terrifiante tuerie.
Frederic BOISSEAU,
responsable d’une équipe d’agents de maintenance, est le premier à tomber sous les balles. “Je suis touché, appelez ma femme !” implore-t-il, alors que ses collègues lui portent secours.
Les frères Kouachi ont déjà grimpé l’escalier.
Ils ne savent toujours pas à quel étage se situe la rédaction de Charlie Hebdo.
Mais ils croisent la dessinatrice Coco, et sous la menace de leurs "kalach", l’obligent à composer le code d’accès, qui ouvre la porte blindée du journal.
Une grande partie de la rédaction est là, en train de débattre du dernier livre de Michel Houellebecq, Soumission. “Comme toujours, le débat était animé”, raconte Sigolène Vinson, qui avait acheté un gâteau marbré pour l’anniversaire de Luz, en retard ce matin-là.


Quand les Kouachi surgissent et commencent à tirer, Simon Fieschi est le plus proche de l’entrée.
Le jeune homme de 31 ans, qui travaille sur le site internet du journal, s’effondre, grièvement blessé par les tirs.
Franck BRINSOLARO,
le policier chargé de protéger Charb a sorti son pistolet, mais les armes ne sont pas égales, face aux fusils d’assaut des deux terroristes qui l'abattent.
Charb est l’homme que les frères Kouachi cherchent en premier.
Ils demandent “Qui est Stéphane Charbonnier ?” et visent le dessinateur qui avait depuis plusieurs années une fatwa lancée contre lui.
Charb est tué par des tirs ciblés.
Puis les terroristes tuent Cabu, Georges Wolinski, Honoré, Tignous, Bernard Maris, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, et Elsa Cayat.
L’instant d’après, ils laissent la vie sauve à Sigolène Vinson, en précisant qu’ils ne tuent pas les femmes.
Ils blessent grièvement Philippe Lançon, Riss, et Fabrice Nicolino.

Leur effroyable attaque a duré moins de deux minutes.
Ils repartent, d’un pas calme et déterminé.

Crient encore "Allah Akbar" et “on a tué Charlie, on a vengé le prophète” en remontant dans leur Citroën C3 noire qui fait bientôt face aux policiers.
À vélo, en voiture, plusieurs d'entre eux tentent de riposter, sans atteindre les terroristes qui abattent Ahmed Merabet boulevard Richard-Lenoir, puis s’enfuient vers le Nord de Paris.

Patrick Pelloux, chroniqueur à Charlie Hebdo, n’avait pas pu assister à la conférence de rédaction ce matin-là, retenu par une réunion de pompiers.
Très vite appelé, l’urgentiste chevronné accourt pour porter secours à ses amis.
Mais la plupart sont morts.
Il règne dans la salle un terrible silence.

Patrick Pelloux téléphone à François Hollande, en larmes.
Le président de la République ne tarde pas à arriver sur place, bouleversé.


Le soir, il prononcera un discours officiel, la gorge serrée : “La France a été attaquée en son cœur, à Paris, dans les locaux mêmes d’un journal” déclare le président Hollande. “Cette fusillade d’une violence extrême a tué douze personnes, et en a blessé plusieurs. Aujourd’hui, c’est la République toute entière qui a été agressée.”

Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur, se souvient de l’émotion qui l’a lui aussi saisi, à ce moment précis..“C’est un moment extrêmement particulier parce qu'on parle de terrorisme, et le mot, là, prend toute sa dimension, par une violence extrême, soudaine, barbare.

On a voulu saisir le pays tout entier au cœur, et semer dans tous les esprits la terreur et l’effroi.

Et c’est effectivement ce sentiment que nous éprouvons. Le chagrin qui s’empare subitement des esprits, des cœurs, des foules, du pays tout entier, et qui nous oblige, nous, responsables politiques.”

Pierre-Henry Brandet l’accompagnait en tant que porte-parole du ministère de l’Intérieur.
Lui aussi se remémore le choc, quand le patron de la police judiciaire lui apprend que presque toute la rédaction est décimée. “Évidemment, on est sidéré. On voit le sang dans l’escalier. On entend le tumulte des sirènes. On pense à la course-poursuite qui commence, parce qu’il faut vite identifier les tueurs et les tireurs.”

Réfléchir vite pour lancer tout de suite l’enquête et arrêter le plus vite possible ces terroristes.


Voilà ce que se dit le procureur de la République François Molins quand il sort de la salle de rédaction où il est venu constater la scène de crime en tant que magistrat. “On n’est pas habitué à des scènes comme ça.

Ce sont des scènes de guerre.

Il y avait vraiment une très forte odeur de sang et de poudre. Et un enchevêtrement de corps.”
Cette image ne le quittera plus.

8 janvier 2015: Assassinat de Clarissa JEAN PHILIPPE, policière municipale de MONTROUGE

Vers 8 heures, à Montrouge , en banlieue proche de Paris, Clarissa JEAN-PHILIPPE, une policière municipale arrive sur un accident de la circulation.
Elle est alors la cible d'un tir de kalachnikov, tiré par le terroriste Amedy COULIBALY, qui souhaitait se faire du flic.

Johanna Primevert, alors commissaire divisionnaire et cheffe de district d’Antony, arrive rapidement sur place. “Je me souviens d’une tension en arrivant, puisque la veille, il y avait eu les attentats de Charlie Hebdo. Je me souviens du mode opératoire peu commun, ce tireur avec une arme longue et une arme de poing.


On ne savait pas s’il était encore tout près.

On s’est demandé tout de suite s’il pouvait y avoir un lien avec les attentats de la veille, mais à l’heure où nous intervenions, il n’y avait pas de revendication et rien qui nous permettait de dire qu’il y avait un lien avec ce qui s’était passé la veille.” Pas encore de lien, mais l’inquiétude grandit.

Le début de la gestion de crise au Ministère de l'Intérieur et du Palais de Justice de Paris, après l'attaque du 7 janvier 2015.

François Molins monte une cellule de crise au parquet de Paris.On installe des lits de camps pour les magistrats qui ne prendront plus le temps de rentrer chez eux et travailleront avec acharnement, jour et nuit, jusqu’à la fin de la cavale.Agnès Thibault-Lecuivre, magistrate alors chargée de la communication de François Molins, se souvient que les journalistes l’appellent du monde entier.Et elle construit une communication “sur une ligne de crête : donner des informations sans nuire à l’enquête.”


Place Beauvau, une autre cellule de crise se met immédiatement en place au ministère de l'Intérieur. Bernard Cazeneuve reste en lien constant avec François Hollande à l’Élysée, Manuel Valls à Matignon, Christiane Taubira place Vendôme.

Bernard Cazeneuve rassemble autour de lui tous les responsables de la police et de la gendarmerie.

Très vite, les enquêteurs retrouvent une carte d’identité, dans la C3 que les terroristes ont abandonnée dans Paris, après un accident de voiture. Ils ont poursuivi leur cavale en braquant un automobiliste, à qui ils expliquent qu’ils agissent pour AQPA, Al Qaïda dans la Péninsule Arabique.

Dans la C3 cabossée, la carte d’identité retrouvée est au nom de Saïd Kouachi. Le nom fait tilter les services de renseignement.


Quelques années plus tôt, les frères Kouachi ont été dans les radars des services antiterroristes.

Chérif, le cadet des frères, a été condamné pour une affaire de terrorisme, l’affaire dite des “Buttes-Chaumont”, du nom d’une filière de djihadistes partis en Irak - avant le départ, les candidats s’entraînaient dans ce grand parc parisien.

Saïd, l’aîné des Kouachi, est aussi dans le viseur de l’antiterrorisme, soupçonné d’être allé au Yémen en 2011. Puis la surveillance a fini par être abandonnée.


En salle de crise, place Beauvau, les hauts gradés de la police savent qu’il faut agir vite.

Un ancien procureur du procès des Buttes-Chaumont est aussi présent, qui sait à quel point il faut rapidement retrouver ces terroristes.

Les premières perquisitions démarrent dans la soirée, à Reims, où habite Saïd Kouachi avec sa femme, malade, et leur bébé.

Le RAID perquisitionne sous l’œil des caméras télé.


Dans son bureau, le ministre de l’Intérieur découvre les images avec effarement et entre dans une colère noire. “Je me fâche vraiment très fort”, se souvient aujourd’hui Bernard Cazeneuve.

Ce 7 janvier au soir, il hurle durement et froidement sur les chefs de l’état-major de police et de gendarmerie. Leur dit que “c’est la République qui doit arrêter les terroristes”.

Bernard Cazeneuve ne veut pas de puérile guerre des polices durant “le moment historique où nous nous trouvons, et l’obligation collective d’être à la hauteur en nous effaçant devant la mission”. À partir de cette nuit-là, il décide que tous les responsables de police et de gendarmerie mèneront cette traque main dans la main, jusqu’à la fin de la cavale des terroristes.


Les voilà tous rassemblés et “soudés” dans une salle baptisée "Le Fumoir".

Il y a là beaucoup de café et d’insomnies.

Bernard Cazeneuve est le premier à très peu dormir. Comme François Molins, qui est aussi invité au Fumoir, et se souvient n’avoir dormi que “deux, trois heures par nuit”.

Le général Denis Favier, qui était le directeur général de la gendarmerie nationale, n’a rien oublié de la fureur de Bernard Cazeneuve.

Sans laquelle les terroristes n’auraient peut-être pas été aussi vite arrêtés, puisque toutes les forces de l’ordre n’auraient sans doute pas si bien collaboré. “Les cloisons qu’on peut parfois constater entre les différents services n’ont pas existé. La clé de la réussite, pour moi, repose sur ce décloisonnement, avec une direction très ferme imposée par Bernard Cazeneuve.”


Le matin du jeudi 8 janvier, Denis Favier est déjà debout, au Fumoir, quand le gérant d’une station-service de Villers-Cotterêts dans l’Aisne, appelle les gendarmes parce qu’il vient de se faire braquer par deux hommes équipés d’un lance-roquettes.

Ils n’ont pas tiré sur lui, se sont seulement ravitaillés, entre autres en friandises.

Les images de vidéosurveillance sont aussitôt visionnées au Fumoir.

Les frères Kouachi sont vite reconnus. “C’est un tournant, le premier signe d’un passage réel des frères Kouachi. On met alors en place un dispositif extrêmement important, pour contrôler les axes routiers, avec des moyens aériens engagés pour contrôler ce qui se passe au sol.

On engage des chevaux aussi, pour contrôler que les frères Kouachi ne sont pas cachés dans certaines zones boisées” explique le général Favier qui prend la tête des opérations, épaulé par la police.


Presque au même moment, vers 8 heures, à Montrouge , en banlieue proche de Paris, une policière municipale qui intervenait sur un accident de la circulation, est tuée par balles par un homme vêtu d’un manteau à capuche entourée de fourrure, recouvert d’un gilet pare-balles, armé d’un fusil d’assaut et d’un pistolet automatique.

Johanna Primevert, alors commissaire divisionnaire et cheffe de district d’Antony, arrive rapidement sur place. “Je me souviens d’une tension en arrivant, puisque la veille, il y avait eu les attentats de Charlie Hebdo. Je me souviens du mode opératoire peu commun, ce tireur avec une arme longue et une arme de poing.

On ne savait pas s’il était encore tout près. On s’est demandé tout de suite s’il pouvait y avoir un lien avec les attentats de la veille, mais à l’heure où nous intervenions, il n’y avait pas de revendication et rien qui nous permettait de dire qu’il y avait un lien avec ce qui s’était passé la veille.” Pas encore de lien, mais l’inquiétude grandit.


Autour de Villers-Cotterêts, le GIGN ratisse les bois, les maisons forestières, jusqu’à la tombée de la nuit, avec des hélicoptères de la gendarmerie et des forces spéciales en appui.“Notre but était que les Kouachi s’enterrent, ne bougent plus” se souvient le général Hubert Bonneau qui menait les opérations sur le terrain, avec une météo difficile cette nuit-là.

Le militaire est persuadé que les terroristes n’ont pas quitté la zone boisée. Tout autour des bois, un maillage étroit, les gendarmes mettent en place un étau qui se resserre, des barrages quadrillent la zone jusqu’à cent kilomètres à la ronde. “On sait que les terroristes ne pourront pas tenir très longtemps terrés dans le bois” ajoute le général Favier.


Pendant ce temps, à Paris, la police judiciaire a analysé une cagoule retrouvée sur un trottoir de Montrouge.

L’ADN parle vite: Amedy COULIBALY.

Il est devenu copain avec Chérif Kouachi dans la prison de Fleury-Mérogis.

Plus que jamais, les policiers et les gendarmes savent qu’ils ont raison de redouter de nouvelles tueries. Et ils craignent plus que tout des actions coordonnées entre les trois terroristes.

Dans la nuit du 8 au 9 janvier, plusieurs adresses où pourrait se cacher Amedy Coulibaly sont perquisitionnées.

Partout, le RAID trouve porte close, et personne derrière les portes.


Le vendredi 9 janvier au petit matin, le général Hubert Bonneau mise sur une fine stratégie : laisser penser aux frères Kouachi que la pression se relâche autour d’eux.La stratégie s’avère fructueuse.

À 8 heures 32, Saïd et Chérif Kouachi sortent littéralement du bois dans lequel ils avaient en fait embourbé leur voiture.

Les voilà à pieds et braquent encore une automobiliste, courtoisement, précisera cette dernière, en appelant les gendarmes.

Aussitôt, les gendarmes comprennent.

Les hélicos décollent à nouveau. “On a tous peu dormi, mais je n’ai même pas le temps de donner les ordres, et ça part tout de suite, on sait qu’on est derrière et qu’on va les prendre” raconte le général Bonneau, encore ému par le souvenir de ce moment où il comprend que la traque va aboutir, que les frères Kouachi ne pourront plus s’échapper.

Comme il y a des barrages partout, les frères Kouachi se retrouvent “dans la nasse”, ils sont obligés de bifurquer à un rond-point et se réfugient par hasard dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële où ils prennent en otage le patron, Michel Catalano.

Lorsqu’il voit arriver les terroristes, l’imprimeur, persuadé qu’il va mourir, a le temps de protéger son jeune employé Lilian Lepère, en lui disant de courir se cacher.

Leur lance-roquettes et leurs kalachnikov en bandoulière, les frères Kouachi disent calmement à Michel Catalano qu’ils “ne tuent pas les civils”, ils lui ordonnent d’appeler les gendarmes, car ce sont eux qu’ils veulent affronter.

Une patrouille de gendarmerie départementale ne tarde pas à arriver.

Les Kouachi sortent et des premiers échanges de tirs commencent. Chérif Kouachi est blessé au cou: il demande à Michel Catalano de lui faire un pansement.


Au bout d’une heure et demie, Saïd Kouachi finit par accepter de libérer l’imprimeur, qui va livrer de précieuses informations au GIGN pour préparer l’assaut et délivrer Lilian, caché sous un évier.

“La situation est relativement sous contrôle, les Kouachi sont en tout cas circonscrits dans un espace facile à tenir, on sait que le rapport de force est favorable pour nous” raconte Denis Favier, ex-patron du GIGN, qui avait mené avec brio la libération d’otages dans un avion à Marignane en 1994.


Vingt ans plus tard, ce 9 janvier 2015, le GIGN prépare minutieusement l’assaut.François Molins est là, à côté du général Bonneau.Même Jean-Michel Fauvergue, patron du RAID, qui a mené toute la traque avec les gendarmes, est présent face à l’imprimerie.Le GIGN affine sereinement son plan d’attaque, en lien avec l’otage caché sous l’évier.


Soudain, vers 13h, la situation bascule.

Car d’autres coups de feu éclatent porte de Vincennes à Paris, dans une épicerie cacher, l’Hyper Cache.

C’est une nouvelle prise d’otages.

Une trentaine de clients sont en train de faire leurs courses. Amedy Coulibaly en tue quatre dès qu’il surgit dans le supermarché, lourdement armé.

Quelques personnes réussissent à ramper et à fuir par la sortie de secours.

Lassana Bathily, employé héroïque, propose à des clients de se sauver en empruntant le monte-charge, mais tous refusent et il s’enfuit seul par ce moyen-là.

De nombreux otages se sont tapis dans la chambre froide et le congélateur de l’Hyper Cacher, que Lassana Bathily avait pris le temps de débrancher.

Il continue malgré tout à y faire froid, un froid aussi glaçant que la peur, un froid terrible pour le bébé et le petit garçon de trois ans qui figurent parmi les otages.

Le patron du RAID Jean-Michel Fauvergue quitte Dammartin-en-Goële en trombe.

Sur le périphérique parisien, il se retrouve bloqué en raison de la prise d’otages mais les automobilistes s’écartent pour le laisser passer avec les policiers d’élite qui l’accompagnent. “Les gens nous encourageaient" se souvient-il, "il y a même deux motards en civil qui nous ont ouvert la voie”.

Porte de Vincennes, une partie de ses hommes sont déjà là, ainsi que la BRI.

RAID et BRI tentent ensemble de négocier avec Coulibaly, mais le contact ne s’établit pas.

“Des journalistes de télé avaient hélas déjà appelé le terroriste” fulmine Jean-Michel Fauvergue, aujourd’hui député LREM.

“L’affaire était compliquée parce qu’on craignait que Coulibaly ne soit en contact avec les frères Kouachi et donc, il fallait absolument faire une opération coordonnée, des assauts coordonnés. Notre priorité est de sauver les otages, le plus possible. Il fallait aussi qu’on arrive à changer l’attention du preneur d’otages, de manière à ce qu’il ne se concentre plus sur les otages mais sur notre opération.”


Le RAID fait venir un maçon, qui donne les plans de l’Hyper Cacher.

Le gérant aide à comprendre la configuration du magasin.

Des otages donnent de précieuses indications. Mais Jean-Michel Fauvergue n’est pas certain qu’il n’y ait pas deux terroristes à l’intérieur, car quelqu’un a cassé toutes les caméras.
En fait, c’est un otage qui a été obligé de le faire sous la menace de Coulibaly, surarmé.
Le RAID a demandé d’avoir la priorité de l’assaut quand il serait prêt, de peur que Coulibaly ne massacre tous les otages s’il apprend par la télé qu’un assaut a lieu à Dammartin-en-Goële.


Finalement, c’est à l’imprimerie que l’assaut final se précipite.
À 16h54, se souvient le général Bonneau, “les Kouachi sortent en action de combat, on voit dans leurs déplacements qu’ils cherchent à tuer des gendarmes.


Nous, là, on n’a pas d’autre choix que de les neutraliser.”
À 16h56, les Kouachi sont morts, sous les balles du GIGN.


Bernard Cazeneuve était au téléphone avec le général Favier au moment des tirs.
Il a tout entendu.


L’information est transmise en direct à l’Hyper Cacher où l’assaut s’accélère par la force des choses.
La BRI fait diversion par la porte arrière, attirant les tirs de Coulibaly, le RAID entre par la porte avant, d’autant plus vite que la clé de la porte de fer que vient de leur laisser Lassana Bathily est la bonne.
Amedy Coulibaly, déboussolé par le feu en tous sens, tire et est abattu les armes à la main.

26 otages sortent en courant, paniqués.
Quatre autres ont perdu la vie, tués dans le magasin.

À Dammartin-en-Goële, Lilian Lepère sort sain et sauf.
Ce grand jeune homme aura réussi à tenir huit heures, plié en quatre sous l’évier, sans un bruit.
Voir les otages sortir en direct restera l’image la plus bouleversante de ce 9 janvier 2015 pour Bernard Cazeneuve, qui se souvient que François Hollande a lui aussi compté les otages devant la télé de son bureau à l’Élysée. “Quand le président se retourne et qu’il a fini de compter, nous avons une accolade assez chaleureuse lui et moi.”


Et une immense tristesse pour les victimes.
En trois jours, les trois terroristes ont tué
dix-sept personnes.

Attaques terroristes de Novembre 2015

Le vendredi 13 novembre 2015, la France vit au rythme d'un match de football l'opposant à l'équipe d'Allemagne, au stade de France, quand, deux lourdes explosions se font entendre.
C'est le début des attaques du
vendredi 13 novembre 2015.


Puis les effectifs de la Prefecture de Police de Paris vont faire face a de multiples attaques sur des terrasses de restaurant mais aussi au bataclan.

Ces attaques,terroristes, au final feront 130 morts.


Parmi les victimes de ces attaques terroristes, un fonctionnaire de police hors-service, Thierry HARDOUIN, au niveau de la terrasse du restaurant "La belle équipe", en compagnie de son épouse, victime elle aussi de l'attaque.


N'oublions jamais cette soirée, ces victimes innocentes.

Rendons honneur à l'implication des forces de l'ordre et de secours, pour tenter de protéger et sauver un maximum de personnes mais aussi pour neutraliser les terroristes.

Le stade de France

Vers 21 h 20, le premier commando entre en action près du Stade de France, pendant le match de football amical France-Allemagne, auquel assistent le président de la République avec le ministre de l'Intérieur et le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.

Ce commando est composé de trois hommes : deux Irakiens qui ont transité par la Grèce le 3 octobre 2015, Ammar Ramadan Mansour Mohamad al-Sabaawi, originaire de Mossoul et âgé d'une vingtaine d'années, et Mohammad al-Mahmod70, et un Français, Bilal Hadfi, 20 ans, originaire de Neder-Over-Heembeek, en Belgique.


Aux abords du stade, après le début du match, quand les lieux sont relativement peu fréquentés, le premier des trois hommes actionne sa ceinture d'explosifs tuant Manuel Dias, suivi quelques minutes plus tard par le deuxième terroriste, tous deux avenue Jules-Rimet.

La troisième explosion, rue de la Cokerie, survient une demi-heure plus tard.

Les trois explosions font au total, outre les terroristes, un mort et une dizaine de blessés graves.


Les trois hommes avaient l'intention de pénétrer dans le stade pour y perpétrer leurs actes mais ont échoué à quatre reprises.

Compte tenu de l'armement dont ils disposaient, ils auraient pu causer des pertes beaucoup plus nombreuses.

Les attaques au niveau des bars et restaurants

À 21 h 25, le deuxième groupe de trois terroristes intervient dans plusieurs rues des 10e et 11e arrondissements.
Plusieurs éléments permettent d'identifier Brahim Abdeslam, 31 ans, Chakib Akrouh, 25 ans, et Abdelhamid Abaaoud, 28 ans, djihadiste connu pour de nombreux actes terroristes en Syrie.
Abaaoud est suspecté par la police d'être le principal organisateur des attentats et trouvera la mort cinq jours plus tard à Saint-Denis lors d'une action de police.
Se déplaçant à bord d'une Seat León de couleur noire immatriculée en Belgique, ils ouvrent le feu à trois reprises sur des personnes attablées à des terrasses de bars et de restaurants, en criant « Allahu akbar » et « C'est pour la Syrie ».

Après cette série d'attaques, qui cause la mort de trente-neuf personnes et fait trente-deux blessés graves, Brahim Abdeslam fait sauter sa ceinture d'explosifs dans un café du boulevard Voltaire, faisant deux blessés graves.
Seule la charge arrière de sa ceinture explose, faisant de lui la seule victime mortelle de son action dans cet établissement.
Ses deux complices disparaissent.

La Seat sera retrouvée vingt-quatre heures plus tard à Montreuil, avec trois kalachnikovs, cinq chargeurs pleins et onze vides abandonnés à bord.
Plus de 400 coups ont été tirés en 20 minutes et 116 cartouches de kalachnikov sont retrouvées sur les terrasses du Petit Cambodge et du Carillon.

L'attaque du Bataclan

À 21 h 40, le troisième groupe (qui s'est déplacé à bord d'une Volkswagen Polo noire) arrive au théâtre du Bataclan (11e arrondissement), abat des personnes à l'extérieur du bâtiment, y pénètre et commence à tirer sur les spectateurs par rafales, en criant « Allahu akbar », « à tue-tête » selon Shawn London, l'ingénieur du son du groupe de rock Eagles Of Death Metal.


Le groupe d'assaillants est composé de trois Français : Foued Mohamed-Aggad, 23 ans, originaire de Wissembourg dans le Bas-Rhin, Ismaël Omar Mostefaï, 29 ans, originaire de Courcouronnes et domicilié à Chartres, et Samy Amimour, 28 ans, originaire de Drancy.
Pendant une vingtaine de minutes, les trois hommes assassinent froidement les spectateurs, un par un, cherchant également à abattre les membres du groupe Eagles of Death Metal.
L'un d'eux déclare : « Il est où le chanteur ? Ils sont où les Ricains ? C’est un groupe américain, avec les Américains vous bombardez, donc on s’en prend aux Américains et à vous. ».

Un témoin dit avoir entendu : « C'est pour tout le mal fait par Hollande aux musulmans partout dans le monde. »

Des otages, utilisés comme boucliers humains, sont placés devant les portes et les fenêtres de la salle.
La tuerie fait
90 morts et des dizaines de blessés graves avant que les forces de police n'interviennent.

Vers 22h00, huit militaires de l'opération Sentinelle se trouvant à proximité arrivent sur les lieux.
Cependant, ils reçoivent l'ordre de ne pas intervenir et de ne pas prêter de matériel aux deux policiers de la BAC (un commissaire divisionnaire et un brigadier), qui arrivent peu de temps après.
Ces deux derniers sont alors les premiers à pénétrer dans la salle de spectacle, où ils abattent Samy Amimour, à 22 h 07, qui fait exploser sa ceinture d'explosifs.
Les deux complices de ce dernier se retranchent à l'étage dans une pièce, emmenant avec eux une vingtaine d'otages.

À 22 h 15, soixante hommes de la BRI prennent le relais de leurs collègues de la BAC restés à l'extérieur du Bataclan et qui ont essuyé le feu des terroristes.
La BRI investit les lieux, appuyée par dix homologues du RAID.

Entre 22 h 15 et 22 h 30, elle sécurise le bas de la salle puis quarante hommes de la BRI formant deux colonnes montent au premier étage vers 23 h.

À 23 h 15, ils repèrent les deux terroristes retranchés derrière leurs otages dans un couloir.
Supervisé par le préfet de police Michel Cadot, le poste de commandement s'installe dans un bar à proximité du Bataclan, le Baromètre.
Au terme de tractations infructueuses, l'assaut débute à 00 h 18.
Protégée par un bouclier Ramsès, équipée de fusils d’assaut, de gilets lourds et de casques à visière blindée, la BRI sécurise le 1er étage pièce par pièce.
Après quelques minutes, les deux terroristes sont tués par les hommes de la BRI, sans qu'il y ait cette fois de nouvelles victimes.
L'évacuation des blessés commence peu après.


Le député LR Georges Fenech s'étonne en juillet 2016, en marge de la remise du rapport de la commission d'enquête parlementaire qu'il préside, que les autorités n'aient pas déclenché la force d'intervention de la Police nationale (FIPN), dispositif qui permet de mobiliser l’ensemble des unités spécialisées de police sous la direction du RAID, comme lors de la prise d'otage de l’Hyper Cacher.
Toutefois son collègue PS Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission d'enquête, rappelle que la BRI est une force d’élite à part entière et que « le déploiement de la FIPN n’aurait rien changé, si ce n’est sur un strict plan administratif ».

La fuite des terroristes

Après ces tueries, Salah Abdeslam, que l'on soupçonne d'avoir convoyé aux abords du Stade de France les trois terroristes qui s'y sont fait exploser, à bord d'une Renault Clio noire qu'il a ensuite abandonnée place Albert-Kahn, aurait dû actionner sa ceinture d'explosifs à cet endroit-là.

Cependant, il échoue, pour une raison non connue (en 2018, France Inter révèle que la ceinture était en réalité défectueuse).Il se dirige alors en métro vers Montrouge (Hauts-de-Seine). C'est à proximité, rue Chopin à Montrouge, que sera découverte une ceinture artisanale d'explosifs non équipée d'un système de mise à feu, vraisemblablement portée par Salah Abdeslam.


Avec l'aide de deux complices joints par téléphone et qui sont venus le chercher de Belgique, Mohamed Abrini et Hamza Attou, respectivement barman et revendeur de cannabis au café des Abdeslam, il rejoint Bruxelles.

Les trois hommes sont contrôlés dans la matinée du samedi sur l'autoroute A2 par des gendarmes français à hauteur de Cambrai, sans être interpellés, car Abdeslam n'apparaît pas encore comme l'un des suspects des attentats.

Attou appelle dans la nuit de vendredi à samedi un certain Ali Oulkadi qui est un ami de Brahim Abdeslam.


Samedi à midi, Attou retrouve à Laeken Ali Oulkadi qui les convoie avec son véhicule personnel.

Il découvre la compagnie de Salah Abdeslam et ses actes. Après avoir pris un café, Ali Oulkadi dépose Salah Abdeslam à Schaerbeek où l'on perd sa trace.

À l'intérieur de la Seat ayant transporté le commando terroriste des terrasses abandonnée dans une ruelle de Montreuil, les enquêteurs retrouvent trois kalachnikov sur lesquelles ils identifient des traces d'ADN d'Abdelhamid Abaaoud et de Chakib Akrouh.Deux cent cinquante mètres plus loin, les caméras de surveillance de la station de métro Croix de Chavaux enregistrent le passage des deux hommes à 22h 14.

Leur passage est une nouvelle fois enregistré à la station Nation à 22 h 28.


À 00 h 28, environ vingt minutes après le début de l'assaut mené par les forces spéciales, leur trace est identifiée à proximité du Bataclan. Ils se sont sans doute retrouvés parmi la foule de badauds suivant l'intervention policière.

Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh se terrent ensuite sur un talus végétalisé situé en contrebas de l'A86 dans une zone d'entrepôts à Aubervilliers.

Après avoir bénéficié d'un renseignement direct, les enquêteurs installent une caméra à proximité du talus le 17 novembre et guettent les allées et venues.


À 20 h 10 ce même jour, ils aperçoivent une jeune femme, qui se révélera être Hasna Aït Boulahcen, s'approcher des fourrés. Une minute plus tard, Chakib Akrouh apparaît puis à 20 h 13, les policiers reconnaissent Abaaoud émergeant des bosquets.

L'équipe chargée de la filature décide de ne pas intervenir directement car Abaaoud porte un gilet fermé, ce qui laisse craindre qu'il soit équipé d'une ceinture explosive.

Le trio monte dans un taxi, qui est suivi par la police et dépose Abaaoud et ses complices rue du Corbillon à Saint-Denis.

Mémoires des attaques terroristes du vendredi 13 novembre 2015

Témoignages, des films, des reportages sur les attaques térroristes du vendredi 13 novembre 2015.

Un documentaire en trois parties qui donnent la parole aux personnes ayant vécu les attentats parisiens du 13 novembre 2015.

Suivant la chronologie des attaques, il partage les témoignages de celles et ceux réunis par ce drame.

Bérengère: dans l'enfer des attaques

"De TN75 URGENT.....coups de feu rue de la fontaine aux roi....URGENT, coups de feu rue de la fontaine aux rois"

Il n’aura fallu que quelques instants pour réaliser que ce n’était pas une simple mission habituelle.

Me voilà alors, jeune femme de 27 ans, originaire de mon petit Sud-ouest paisible, avec mon caractère assuré, mon reste d’insouciance et ma part de folie, embarquée dans un événement qui va me dépasser et changer pour toujours ma vision de la vie.... (lire la suite du récit, cliquez sur l'image)

Hommage: Thierry HARDOUIN

Le soir du 13 novembre, il était à La Belle Equipe pour fêter les 35 ans de Hodda Saadi, une amie de Marie-Aimée.
Les filles étaient en terrasse avec leur coupe de champagne quand les tireurs sont arrivés.
Thierry s’est précipité vers Marie-Aimée, une rafale l’a atteint.
Ils sont morts à un mètre l’un de l’autre.

NOVEMBRE: le film

NOVEMBRE est un film réaliste vous plongeant au cœur de l'anti-terrorisme et du travail accompli par ses hommes et ses femmes, qui 24/7 sans jamais prendre de repos ou très peu, n'ont eu que de cesse de chercher, traquer pour interpeller les auteurs des attaques du vendredi 13 novembre 2015.