LA FRANCE ATTAQUEE

VENDREDI 13 NOVEMBRE 2015

Les effectifs de la BAC75N, primo intervenants au Bataclan.

Des héros, parmi les héros.

Thierry HARDOUIN et sa compagne Marie Aimée.

Le vendredi 13 novembre 2015, la France vit au rythme d'un match de football important l'opposant à l'équipe d'Allemagne, au stade de France, quand, deux lourdes explosions se font entendre.
C'est le début des attaques du 13 novembre 2015.

Ces attaques terroristes ont fait 130 morts.


Ce soir là, les effectifs de la Préfecture de Police ont vécu une soirée qui restera à jamais dans leur mémoire.

Revivez le témoignage de Bérengère, primo intervenant sur l'attaque de la terrasse du restaurant "La belle bière" rue de la fontaine au Roi, à Paris.


Parmi les victimes de ces attaques terroristes, un fonctionnaire de police hors-service, Thierry HARDOUIN, au niveau de la terrasse du restaurant "La belle équipe".

N'oublions jamais cette soirée, ces pauvres victimes innocentes, mais aussi l'implication des forces de l'ordre et de secours, pour tenter de protéger et sauver un maximum de personnes et neutraliser les terroristes.

13 novembre 2015: le scénario des attaques.

Le stade de france

Vers 21 h 20, le premier commando entre en action près du Stade de France, pendant le match de football amical France-Allemagne, auquel assistent le président de la République avec le ministre de l'Intérieur et le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.
Ce commando est composé de trois hommes : deux Irakiens qui ont transité par la Grèce le 3 octobre 2015, Ammar Ramadan Mansour Mohamad al-Sabaawi, originaire de Mossoul et âgé d'une vingtaine d'années, et Mohammad al-Mahmod70, et un Français, Bilal Hadfi, 20 ans, originaire de Neder-Over-Heembeek, en Belgique.
Aux abords du stade, après le début du match, quand les lieux sont relativement peu fréquentés, le premier des trois hommes actionne sa ceinture d'explosifs tuant Manuel Dias, suivi quelques minutes plus tard par le deuxième terroriste, tous deux avenue Jules-Rimet.
La troisième explosion, rue de la Cokerie, survient une demi-heure plus tard.
Les trois explosions font au total, outre les terroristes, un mort et une dizaine de blessés graves.
Les trois hommes avaient l'intention de pénétrer dans le stade pour y perpétrer leurs actes mais ont échoué à quatre reprises.
Compte tenu de l'armement dont ils disposaient, ils auraient pu causer des pertes beaucoup plus nombreuses.

Les attaques au niveau des bars et restaurants

À 21 h 25, le deuxième groupe de trois terroristes intervient dans plusieurs rues des 10e et 11e arrondissements.
Plusieurs éléments permettent d'identifier Brahim Abdeslam, 31 ans, Chakib Akrouh, 25 ans, et Abdelhamid Abaaoud, 28 ans, djihadiste connu pour de nombreux actes terroristes en Syrie.
Abaaoud est suspecté par la police d'être le principal organisateur des attentats et trouvera la mort cinq jours plus tard à Saint-Denis lors d'une action de police.
Se déplaçant à bord d'une Seat León de couleur noire immatriculée en Belgique, ils ouvrent le feu à trois reprises sur des personnes attablées à des terrasses de bars et de restaurants, en criant « Allahu akbar » et « C'est pour la Syrie ».

Après cette série d'attaques, qui cause la mort de trente-neuf personnes et fait trente-deux blessés graves, Brahim Abdeslam fait sauter sa ceinture d'explosifs dans un café du boulevard Voltaire, faisant deux blessés graves.
Seule la charge arrière de sa ceinture explose, faisant de lui la seule victime mortelle de son action dans cet établissement.
Ses deux complices disparaissent.
La Seat sera retrouvée vingt-quatre heures plus tard à Montreuil, avec trois kalachnikovs, cinq chargeurs pleins et onze vides abandonnés à bord.
Plus de 400 coups ont été tirés en 20 minutes et 116 cartouches de kalachnikov sont retrouvées sur les terrasses du Petit Cambodge et du Carillon.

Les attaques au niveau du Bataclan

À 21 h 40, le troisième groupe (qui s'est déplacé à bord d'une Volkswagen Polo noire) arrive au théâtre du Bataclan (11e arrondissement), abat des personnes à l'extérieur du bâtiment, y pénètre et commence à tirer sur les spectateurs par rafales, en criant « Allahu akbar », « à tue-tête » selon Shawn London, l'ingénieur du son du groupe de rock Eagles Of Death Metal.

Le groupe d'assaillants est composé de trois Français : Foued Mohamed-Aggad, 23 ans, originaire de Wissembourg dans le Bas-Rhin, Ismaël Omar Mostefaï, 29 ans, originaire de Courcouronnes et domicilié à Chartres, et Samy Amimour, 28 ans, originaire de Drancy.
Pendant une vingtaine de minutes, les trois hommes assassinent froidement les spectateurs, un par un, cherchant également à abattre les membres du groupe Eagles of Death Metal.
L'un d'eux déclare : « Il est où le chanteur ? Ils sont où les Ricains ? C’est un groupe américain, avec les Américains vous bombardez, donc on s’en prend aux Américains et à vous. ».
Un témoin dit avoir entendu : « C'est pour tout le mal fait par Hollande aux musulmans partout dans le monde. »
Des otages, utilisés comme boucliers humains, sont placés devant les portes et les fenêtres de la salle.
La tuerie fait
90 morts et des dizaines de blessés graves avant que les forces de police n'interviennent.

Vers 22 h, huit militaires de l'opération Sentinelle se trouvant à proximité arrivent sur les lieux.
Cependant, ils reçoivent l'ordre de ne pas intervenir et de ne pas prêter de matériel aux deux policiers de la BAC (un commissaire divisionnaire et un brigadier), qui arrivent peu de temps après.
Ces deux derniers sont alors les premiers à pénétrer dans la salle de spectacle, où ils abattent Samy Amimour, à 22 h 07, qui fait exploser sa ceinture d'explosifs.
Les deux complices de ce dernier se retranchent à l'étage dans une pièce, emmenant avec eux une vingtaine d'otages.
À 22 h 15, soixante hommes de la BRI prennent le relais de leurs collègues de la BAC restés à l'extérieur du Bataclan et qui ont essuyé le feu des terroristes.
La BRI investit les lieux, appuyée par dix homologues du RAID.
Entre 22 h 15 et 22 h 30, elle sécurise le bas de la salle puis quarante hommes de la BRI formant deux colonnes montent au premier étage vers 23 h.
À 23 h 15, ils repèrent les deux terroristes retranchés derrière leurs otages dans un couloir.
Supervisé par le préfet de police Michel Cadot, le poste de commandement s'installe dans un bar à proximité du Bataclan, le Baromètre.
Au terme de tractations infructueuses, l'assaut débute à 00 h 18.
Protégée par un bouclier Ramsès, équipée de fusils d’assaut, de gilets lourds et de casques à visière blindée, la BRI sécurise le 1er étage pièce par pièce.
Après quelques minutes, les deux terroristes sont tués par les hommes de la BRI, sans qu'il y ait cette fois de nouvelles victimes.
L'évacuation des blessés commence peu après.

Le député LR Georges Fenech s'étonne en juillet 2016, en marge de la remise du rapport de la commission d'enquête parlementaire qu'il préside, que les autorités n'aient pas déclenché la force d'intervention de la Police nationale (FIPN), dispositif qui permet de mobiliser l’ensemble des unités spécialisées de police sous la direction du RAID, comme lors de la prise d'otage de l’Hyper Cacher.
Toutefois son collègue PS Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission d'enquête, rappelle que la BRI est une force d’élite à part entière et que « le déploiement de la FIPN n’aurait rien changé, si ce n’est sur un strict plan administratif ».

La fuite des terroristes

Après ces tueries, Salah Abdeslam, que l'on soupçonne d'avoir convoyé aux abords du Stade de France les trois terroristes qui s'y sont fait exploser, à bord d'une Renault Clio noire qu'il a ensuite abandonnée place Albert-Kahn, aurait dû actionner sa ceinture d'explosifs à cet endroit-là.
Cependant, il échoue, pour une raison non connue (en 2018, France Inter révèle que la ceinture était en réalité défectueuse).
Il se dirige alors en métro vers Montrouge (Hauts-de-Seine).
C'est à proximité, rue Chopin à Montrouge, que sera découverte une ceinture artisanale d'explosifs non équipée d'un système de mise à feu, vraisemblablement portée par Salah Abdeslam.
Avec l'aide de deux complices joints par téléphone et qui sont venus le chercher de Belgique, Mohamed Abrini et Hamza Attou, respectivement barman et revendeur de cannabis au café des Abdeslam, il rejoint Bruxelles.
Les trois hommes sont contrôlés dans la matinée du samedi sur l'autoroute A2 par des gendarmes français à hauteur de Cambrai, sans être interpellés, car Abdeslam n'apparaît pas encore comme l'un des suspects des attentats.
Attou appelle dans la nuit de vendredi à samedi un certain Ali Oulkadi qui est un ami de Brahim Abdeslam.
Samedi à midi, Attou retrouve à Laeken Ali Oulkadi qui les convoie avec son véhicule personnel.
Il découvre la compagnie de Salah Abdeslam et ses actes.
Après avoir pris un café, Ali Oulkadi dépose Salah Abdeslam à Schaerbeek où l'on perd sa trace.

À l'intérieur de la Seat ayant transporté le commando terroriste des terrasses abandonnée dans une ruelle de Montreuil, les enquêteurs retrouvent trois kalachnikov sur lesquelles ils identifient des traces d'ADN d'Abdelhamid Abaaoud et de Chakib Akrouh.
Deux cent cinquante mètres plus loin, les caméras de surveillance de la station de métro Croix de Chavaux enregistrent le passage des deux hommes à 22 h 14.
Leur passage est une nouvelle fois enregistré à la station Nation à 22 h 28.
À 00 h 28, environ vingt minutes après le début de l'assaut mené par les forces spéciales, leur trace est identifiée à proximité du Bataclan.
Ils se sont sans doute retrouvés parmi la foule de badauds suivant l'intervention policière.
Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh se terrent ensuite sur un talus végétalisé situé en contrebas de l'A86 dans une zone d'entrepôts à Aubervilliers.
Après avoir bénéficié d'un renseignement direct, les enquêteurs installent une caméra à proximité du talus le 17 novembre et guettent les allées et venues.
À 20 h 10 ce même jour, ils aperçoivent une jeune femme, qui se révélera être Hasna Aït Boulahcen, s'approcher des fourrés.
Une minute plus tard, Chakib Akrouh apparaît puis à 20 h 13, les policiers reconnaissent Abaaoud émergeant des bosquets.
L'équipe chargée de la filature décide de ne pas intervenir directement car Abaaoud porte un gilet fermé, ce qui laisse craindre qu'il soit équipé d'une ceinture explosive.
Le trio monte dans un taxi, qui est suivi par la police et dépose Abaaoud et ses complices rue du Corbillon à Saint-Denis.

La liste des victimes

Au 14 novembre 2015, le bilan total des victimes s'établit à 129 morts et 354 blessés hospitalisés, dont 94 urgences absolues et 250 urgences relatives.
Le 20 novembre 2015, Manuel Valls annonce au Sénat que le nombre de morts est de 130, auxquels s'ajoutent sept des assaillants.

Le 17 novembre 2015, la presse publie une liste partielle de victimes décédées.
Des listes plus complètes et des portraits des victimes sont publiés dans les jours qui suivent, par Mediapart, Ouest-France, Le Monde ou encore France Télévisions.
L'âge moyen des victimes décédées est 35 ans.
La plus jeune était une lycéenne de 17 ans tuée au Bataclan.
Le plus âgé, tué au même endroit, était un chef d'entreprise de 68 ans.