LA FRANCE ATTAQUEE

VENDREDI 13 NOVEMBRE 2015

Hommage à Thierry HARDOUIN, fonctionnaire de police

Hommage à Thierry HARDOUIN, victime des tirs sur la terrasse du restaurant "La belle équipe", le 13 novembre 2015.

Thierry HARDOUIN et sa compagne Marie-Aimée

La barbe, c’était pour faire plaisir à Marie-Aimée, sa compagne depuis trois ans.
Elle poussait drue, noire mêlée de fil d’argent, et, sur les photos, elle donne, selon les jours, à Thierry Hardouin une ressemblance frappante avec le commissaire Robert Broussard et avec Fidel Castro.
La comparaison aurait fait sourire ce policier de Seine-Saint-Denis, fumeur de havanes capable de parler pendant des heures de la qualité d’une feuille de tabac et de la subtilité des arômes d’un Lanceros, d’un Julieta ou d’un Robusta.
Ses collègues du dépôt du tribunal de Bobigny, où Thierry Hardouin était en poste depuis 2004, lui trouvaient eux, un faux air de Gilou, l’un des flics de leur série fétiche, Engrenages.

Parisien pur sucre, Thierry Hardouin avait choisi la Seine-Saint-Denis pour rester proche de ses deux enfants, une fille et un garçon âgés de 12 et 13 ans, nés d’une première union.
Mais son vrai QG, c’étaient le 20e arrondissement de Paris, où il est né et où il a grandi, et le 11e voisin, Charonne et ses bistrots.
Le soir du 13 novembre, il était à
La Belle Equipe pour fêter les 35 ans de Hodda Saadi, une amie de Marie-Aimée.
Les filles étaient en terrasse avec leur coupe de champagne quand les tireurs sont arrivés.
Thierry s’est précipité vers Marie-Aimée, une rafale l’a atteint.
Ils sont morts à un mètre l’un de l’autre.

Le couple préparait une autre fête.
Jeudi 19 novembre, Thierry et Marie-Aimée avaient rendez-vous à la mairie pour se pacser.
Leurs deux familles devaient se retrouver le samedi suivant pour célébrer l’événement.
Elles commençaient tout juste à se connaître.
Depuis le 13 novembre, Marie-Amélie, la sœur aînée de Marie-Aimée, et Nathalie, la cadette de Thierry, se voient tous les jours.